Le monde invisible

Le monde invisible

Légende de la vie avant la domination des humains sur la Terre

  De nos jours, il n'y a plus d'elfes. Presque plus. Les hommes se sont habitués à être les seuls maîtres de la Terre, et se battent tellement entre eux, depuis tant d'années, qu'ils ont perdu le souvenir de l'époque lointaine où d'autres races vivaient à leur côté.

   Le peuple des elfes a disparu brutalement, et ceux qui survécurent se sont effacés derrière le paravent des légendes. Oh, il y a toujours des rencontres étranges, des frissons dans le dos et des mauvais rêves, mais nul ne songerait à les attribuer aux elfes. Pendant un temps, les hommes leur inventèrent d'autres noms, korrigans, lutins ou farfadets, puis ils cessèrent même de croire aux contes de fées.

  Je vous parle d'un âge où les hommes n'étaient que l'une des quatres tribus de la déesse Dana, les Tuatha Dê Danann (les tribus de Dana), elfes, nains, monstres et hommes.Et à chaque peuple la déesse avait confié un talisman, symbole de chaque race et garant de sa survie.

- Les hommes reçurent le Fal Lia, la Pierre de Fal, principe même de la souveraineté, qui gémissait dès qu'un roi légitime s'en approchait. Peut-être est-ce pour cela qu'ils crurent pouvoir dominer le monde...

 


 

- Aux elfes échut le Chaudron du Dagda, le Graal de la connaissance divine.

 


 

- Aux monstres la lance de Lug, le dieu que les moines appelèrent Lucifer, arme terrible qui ne pouvait étancher sa furie meurtrière qu'en étant plongée dans un chaudron empli (rempli) de sang.

 

 

- Et les nains reçurent l'Epée de Nudd, qu'ils nommaient Caledfwch dans leur langue rocailleuse et qui devint, dans la bouche des hommes, Excalibur.

 

 

Le monde, alors, était fait de cinq éléments : l'air, la terre, le feu, l'eau et le brouillard, qui appartenait aux Dieux.

 

 

Les elfes,

 

 

la tribu de l'air, étaient un peuple puissant et redouté par les hommes. Un peuple sans ville, dispersé dans les bois, sur les rivages ou dans les marais, puisant dans les forces magiques de la nature la force physique qui leur manquait. Grands et minces comme des adolescents, la peau d'un bleu très pâle, le mouvement lent, la voix calme, ils allaient à peine vêtus et semblaient indifférents au froid, à la pluie ou au vent, pareils à des arbres ou à des bêtes. Les hommes, que la nature effrayait et qui ignoraient la magie, craignaient les elfes mais s'acharnaient à copier leur grâce, à imiter leurs fins bijoux d'argent, à reproduire  les chants de leurs ménestrels. Longtemps, l'image des elfes est restée le modèle même de la beauté dans le coeur des hommes. Et pourtant, ce sont eux qui ont provoqué leur disparition...

 

  Il n'y a plus guère de nains, non plus, aujourd'hui, ou alors ils sont considérés comme handicapés, des anomalies.

 

Les nains

 

 

étaient le peuple de la terre. On disait que leur petite taille résultait d'une adaptation à la vie souterraine, au tréfonds des montagnes qu'ils aimaient tant, creusant le roc en d'interminables galeries à la recherche de l'or, des pierres précieuses, du métal. Les nains avaient le coeur aussi dur que la pierre qu'ils fracassaient toujours, et leur force était supérieure à celle de bien d'hommes. Quand ils quittaient leurs montagnes pour la chasse ou la guerre, la terre elle-même tremblait.

  Des trois peuples, le clan de la mer, celui des hommes, paraissait le plus faible. Et pourtant, peu à peu, courbés sutr la terre, de faibles outils en main, ils quittèrent leurs rivages et firent reculer les immenses forêts de chênes et de hêtres qui recouvraient le monde. Il y eut bientôt des plaines parsemées de villes fortifiées, de plus en plus grandes, de plus en plus nombreuses.

  C'était une époque où la vie n'avait aucun prix.

  Chacun luttait pour survivre, les uns par la magie, les autres par la hargne.

  La mort était partout : des elfes isolés étaient pris par des raids de chasseurs nains, qui s'amusaient à les jeter vifs sur des lits de braises, des troupes d'hommes en armes pénétraient au centre des montagnes naines afin d'en voler l'or, des voyageurs perdus dans les bois étaient retrouvés hâves, comme vidés de leur sang, après avoir croisé le chemin d'un elfe, et les gnomes, petit peuple sans grâce des villes enterrées, s'armaient de bric et de broc pour échapper aux rapines.

  Mais le principal danger était ailleurs.

  Au-delà des marais habités par les elfes gris - ainsi nommés parce que leur peau avait perdu ses reflets bleutés dans la boue des marécages - s'étendaient les Terres noires hantés par les monstres, la tribu maudite des Tuatha Dê Danann, le peuple du feu. Des créatures repoussantes, gigantesques, que les hommes appelaient gobelins et qui servaient avec une ferveur de bête Celui-qui-ne-pouvait-être-nommé.

 

 

 

Le jour où les armées gobelines avaient jailli des marais, les Peuples libres, ainsi que décidèrent de se désigner eux-mêmes hommes, elfes et nains, s'allièrent pour leur livrer la plus terrible des guerres.

  Elle dura dix années et s'acheva par la déroute du Seigneur noir et de ses légions immondes, au prix d'un effroyable carnage.

  Depuis, les Peuples libres vivaient dans une paix relative, sous autorité d'un Conseil qui réunissait les rois et seigneurs de chaque peuple autour de la Pierre de Fal et siégeait à Loth, la plus grande ville des hommes au sein du royaume de Logres. Le Conseil arbitrait les différents et imposait une loi commune, jusqu'au moment où tout bascula.

 

  Cette histoire est le récit de ces temps lointains et de ces peuples oubliés par l'Histoire. Mais, bien sûr, ce sont les hommes qui ont écrit l'Histoire...

 

FIN

 

D'après le livre de Jean-Louis FETJAINE, La trilogie des elfes

   

Livre que je lis en ce moment,

 

Rikki-Livinos 

 

 

 

 

 

 



21/12/2011
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